Cette question revient dans toutes mes sessions. Et la réponse est plus intéressante qu'elle n'y paraît.
Ce que disent les dictionnaires
En français, la réponse officielle est nette : c'est la samba. Le Larousse et le Robert tranchent au féminin, comme la plupart des mots d'origine brésilienne ou portugaise entrés dans la langue par la danse et la musique populaire. Grammaticalement, le débat s'arrête là. Aucun dictionnaire de référence n'admet le masculin comme forme correcte pour désigner le genre musical ou la danse.
Ce féminin n'est pas arbitraire. En français, les mots empruntés qui se terminent par un a sont presque systématiquement traités au féminin, sur le modèle de la salsa, la bossa nova ou la rumba. La samba suit exactement la même logique d'emprunt.
Ce que disent les Brésiliens
En portugais brésilien, la question ne se pose même pas dans les mêmes termes : a samba se dit au féminin dans le langage courant et dans les paroles de chansons, mais le masculin o samba existe aussi, notamment pour parler du genre musical dans son ensemble, comme institution culturelle. Les deux usages coexistent selon la région et le contexte, sans qu'un Brésilien s'en offusque. C'est une nuance d'usage, pas une faute. À Rio comme à Salvador, j'ai entendu les deux formes dans la même conversation, parfois dans la même phrase, sans que personne ne corrige personne.
Cette souplesse s'explique par l'histoire du mot lui-même, une histoire que je raconte plus en détail dans l'histoire du samba, musique du peuple : un genre né dans les quartiers populaires de Rio, transmis à l'oral avant d'être fixé par l'écrit, et donc naturellement flottant sur des questions de genre grammatical.
Ce qu'on dit en France quand on connaît vraiment la musique
Sur le terrain, chez les musiciens et les danseurs français qui pratiquent vraiment la samba, l'usage est moins tranché que dans les dictionnaires. Les danseurs, formés à la tradition du samba no pé, disent presque toujours la samba, en accord avec la danse et la grammaire française. Les musiciens et batteurs de percussions, eux, glissent souvent vers le masculin, le samba, quand ils parlent du genre musical, du répertoire ou du style rythmique dans son ensemble, un peu comme on dirait le jazz ou le reggae. Ce clivage traverse aussi les écoles de musique et les conservatoires, où professeurs de danse et professeurs de percussions n'accordent pas toujours leurs discours sur ce point de détail.

Une question de langue, un signe de culture
Au fond, cette hésitation entre la samba et le samba dit quelque chose d'important : ce n'est pas juste un mot importé, c'est une culture vivante qui continue de s'adapter au français. Chez Pessoa Connect, on retrouve la même vitalité dans l'énergie d'une soirée carnaval de Rio, où musique et danse se répondent sans jamais figer leurs codes.
Si vous voulez vivre cette nuance plutôt que la lire, nos sessions de danse brésilienne avec Pessoa Connect font la différence sur le terrain, entre le pas et le rythme.











